«David Cuissi» et le SILENCE...
Si nous ne sommes plus à l’écoute de cette qualité dynamique et créatrice qu’est le silence, alors nous nous pensons comme des individus séparés de l’essentiel : nos paroles vont traduire notre souffrance d’être ; nos pensées vont devenir bruyantes du passé et du futur et les mots qui en découleront seront des objets-mémoire, fruits du « déjà entendu ». Notre conscience s’endormant, elle deviendra une pensée-objet, « un moi objectivé » qui juge et s’identifie à toute forme d’insatisfaction, prisonnier du temps et des choses qui passent.
Alors pouvons-nous favoriser le jaillissement de la parole juste plutôt que de parler avec des mots saturés de mémoire ?
“Je suis comme posé sur les ailes d’un papillon... voletant d’un endroit à un autre... Mon existence est légère, aucun mot n’est capable d’accueillir ce qui me déborde et se répand à l’infini Ici, je vogue sur les ondes de ma respiration océan... Je suis en cela... dans cela... l’air ...la mer... la terre... les roses... les iris... l’herbe... amis... ou ennemis. Je suis l’océan qui pénètre dans la pluie. J’inspire le nouveau monde et je meurs à l’ancien. Comme le sphinx, je renais infiniment, à mon appartenance, à cette géniale beauté... Ici, je suis tombé en moi et j’éprouve le miracle d’exister... Je suis le monde nouveau-né. Je suis tout cela et mes prénoms de famille sont : “l’arbre, la liberté, l’amour, les joies, les peines, les autres, les quartz, l’éveil, le torrent de montagne et la joie sans fin... car j’aime ce que je ne connais pas encore dans cet humble et modeste présent terrestre. »