/* fin code retour haut de page */ Marcher au coeur de soi... entre Ottawa et Montréal - Michelle... avec deux ailes
13 août 2013

Marcher au coeur de soi... entre Ottawa et Montréal

 

pelerinage

Nathalie Schneider (illustrations de Anne Villeneuve)

Marcher au cœur de soi entre Ottawa et Montréal

 

Parvis de la basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa. Un petit matin pluvieux qui semble vouloir virer à l’averse. J’ai revêtu l’habit du pèlerin : un long poncho qui me couvre jusqu’aux pieds, sac à dos compris, et un bâton dans chaque main. Un touriste descend de son autobus pour me photographier. Me voilà classée au rang des «excentriques» qu’on croise en se demandant «C’est qui, ça?». 

Des regards interrogateurs du genre, j’en attraperai à la volée un certain nombre durant les 12 jours que je mettrai à relier Montréal depuis Ottawa... à pied. Surtout lorsque ma traversée me forcera à emprunter des chemins aussi improbables que l’accotement de voies rapides en banlieue nord de Montréal! Mais voilà que je brûle les étapes… nous n’en sommes pas encore là. 

Nous sommes dans la capitale nationale, plus précisément sur la promenade Sussex avec son chapelet d’ambassades, de ministères et de résidences sous haute protection – dont celles du premier ministre et du gouverneur général. Pour cette première journée, je chemine avec Rodolphe Latreille, l’instigateur du Chemin des Outaouais. Un pèlerinage que celui-ci a conçu sur le modèle de Saint-Jacques-de-Compostelle. 

«Le Chemin des Outaouais est un itinéraire de 230 km répartis sur toutes sortes de terrains – rues, rangs, pistes cyclables, ponts, voies rapides – depuis la cathédrale Notre-Dame d’Ottawa jusqu’à l’oratoire Saint-Joseph, à Montréal», m’explique ce passionné de marche, retraité de la GRC. Ce pèlerinage, il l’a fait plusieurs fois, «chaque fois une expérience différente, mais toujours magnifique», dit-il. 

Les pèlerinages, Rodolphe Latreille les collectionne comme d’autres cumulent les sommets de montagnes : Compostelle, côtés français et espagnol, le Chemin d’Alsace, celui du Puy-en-Velay et, surtout, le pèlerinage reliant Gaspé à Sainte-Anne-de-Beaupré, en 30 jours. Ce marcheur infatigable a usé ses bottes sur la terre ou l’asphalte de bien des chemins de fortune. On sent bien, à son pas lent et sûr, que la finalité de cette longue marche n’a pas grand-chose à voir avec le bout de la route… 

Les premiers pas qui comptent 

C’est littéralement trempée jusqu’aux os que j’arrive à mon premier lieu d’hébergement – et pas des moindres. C’est là aussi, à la Résidence Saint-Louis, à Orléans, en Ontario, que Rodolphe reprend la route vers Ottawa, en autobus, pour me laisser «pèleriner» en solo, comme je le souhaitais. Drôle d’endroit pour ma première nuit; je la passe dans la salle Snoezelen de la résidence, une salle de thérapie pour personnes âgées souffrant de déficience cognitive*. Autrement dit, pour nos aînés flottant dans les limbes de la maladie d’Alzheimer. 

Je m’installe dans un fauteuil enveloppant, allume des gerbes de lumières phosphorescentes dans le noir absolu, mets en marche le jardin d’eau sensoriel et son ruissellement zen. Et, tandis que mes bas pendent sur des séchoirs improvisés, j’expérimente la «détente du corps conjuguée à la stimulation des sens». Me voilà pénétrant doucement dans l’âme d’un pèlerin, prête à me laisser surprendre par le hasard de la route, ne portant sur moi que l’essentiel et confiant ma destinée à l’heureuse providence. 

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Pour lire la suite du récit de N. Schneider, cliquer ici.

 

 

Posté par Michelle 2 ailes à 08:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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