20 janvier 2008
Cédrika?
Il ne faut pas l'oublier! Imaginez les parents qui attendent.. et attendent encore.
LE FONDS POUR LA RECHERCHE DE CÉDRIKA EST À SEC.
Le fonds pour la recherche de Cédrika Provencher est à sec. En effet, les dons sont beaucoup moins nombreux depuis quelques semaines alors que la famille continue de consacrer temps et argent pour retrouver la fillette de 10 ans, disparue depuis le 31 juillet. «Il y a plus de facture que d'argent. Il y a quelques dons qui entrent mais présentement, dans le fonds, il n'y a plus d'argent. Le montant de la récompense est mis de côté, mais pour ce qui est des sommes pour la recherche, elles sont épuisées.», explique Mme Sylvie Tardif, coordonnatrice de Comsep, l'organisme qui gère ce fonds. Depuis la disparition de Cédrika, la population a donné 20 314$ pour les recherches. De l'argent qui a surtout servi à couvrir des dépenses d'essence et de nourriture. Le nouvelliste.
Le temps...
La valeur du temps
Pour apprendre la valeur d'une année, demande à l'étudiant
qui a raté un examen.
Pour apprendre la valeur d'un mois, demande à la mère qui a mis
un enfant au monde trop tôt.
Pour apprendre la valeur d'une semaine, demande à l'éditeur
d'un journal hebdomadaire.
Pour apprendre la valeur d'une heure, demande aux fiancés qui
attendent de se revoir.
Pour apprendre la valeur d'une minute, demande à celui qui a raté
son train, son bus ou son avion.
Pour apprendre la valeur d'une seconde, demande à celui qui a
perdu quelqu'un dans un accident.
Pour apprendre la valeur d'une milliseconde, demande à celui
qui a gagné une médaille d'argent aux Jeux Olympiques.
Le temps n'attend personne. Rassemble chaque instant qu'il
te reste et il sera de grande valeur. Partage-les avec une personne
de choix et ils deviendront encore plus précieux.
La source de ce poème est inconnue (traduction d'un extrait allemand).
Puisé sur Club Positif.
Et nos amoureux français?
L’humoriste Anne Roumanoff qui assaisonne Carla et Sarko chez Drucker.
Très drôle... Cliquez ICI.
Les féministes, selon...
Hélène Matteau exprime bien ma perception du féminisme. Sur le site Internet de Châtelaine. ICI.
J’hésitais donc, hier soir. Puis ce matin, comme toujours au lever, je suis allée lire mes nouvelles en ligne et jeter un œil chez mes collègues blogueurs. Lise Ravary, ma sainte patronne à Châtelaine, parlait de Simone de Beauvoir. Inspirée, j’ai cessé d’hésiter : je ferais ce matin mon coming out.
Tatam! Oui, m’sieurs-dames, je suis féministe. Normal : je suis une fille, je ne peux pas ne pas être pro-filles, n’est-ce pas, sinon je me diluerais moi-même dans le rien du tout.
Mon propos sera court. J’en ai assez d’entendre dire que les féministes sont contre les hommes. C’est tout à fait nono de dire ça.
Parce que c’est le contraire ! Les féministes ont libéré les hommes en libérant les femmes. Elles les ont sortis du carcan millénaire des rôles dévolus du seul fait du sexe.
Sans doute les hommes avaient-ils plus que leurs compagnes la précieuse possibilité de se rebeller. Mais la plupart – je pense ici à nos pères et grands-pères – étaient, comme les femmes, pris dans l’engrenage des destins tout tracés. Mariages arrangés, professions obligées, sensibilité refoulée, créativité tuée dans l’œuf. Pourvoyeurs par définition, responsables par devoir, décideurs par décret divin, guerriers par la force et condamnés à la réussite.
Aujourd’hui mes fils ont le droit d’être ce qu’ils sont. Des humains avant que des mâles. Ils ont le droit d’exprimer leur virilité dans sa fragilité comme dans sa force.
C’est la plus belle victoire des féministes.
Pour Simone...
Je suis sous le choc. L'entrevue réalisé par Hélène Pilotte en 1964 avec Madame de Beauvoir la fait revivre (lire me message précédent). Quel charme de pouvoir lire un si vieil article et de redécouvrir une femme aussi vraie! Je vous invite maintenant à lire le message écrit pas Lise Ravary pour cette chère Simone. C'est ICI sur le site Internet de Châtelaine, janvier 2008. En voici un court extrait:
Simone, mon amie de jeunesse un peu oubliée. Je t’écris ce petit mot pour te dire merci. Te raconter aussi que certaines de tes soeurs divaguent un peu, surtout celles de l’institut d’études féministes qui porte ton nom, le Simone de Beauvoir Institute de l’université Concordia.
Je te raconterai.
Tout d’abord, des gros mercis. Tu es partout dans les journaux québécois ces-jours-ci parce que le 9 janvier c’était le 100e anniversaire de ta naissance. Je ne pense pas si souvent que cela à toi mais au fil des reportages, des témoignages, je suis allée me promener dans mes souvenirs. Et oui, je dois le dire, c’est toi qui a éveillé ma conscience de femme, qui a fait de moi une féministe. Et je te dis merci.
Même si ce mot aujourd’hui me rend inconfortable. Je t’expliquerai ça aussi.
Tu as dit ‘on ne naît pas femme, on le devient’. Je ne comprends toujours pas vraiment cette phrase mais je sais qu’on ne naît pas féministe, on le devient. Et puis on le devient un peu moins quelques fois.
Mais parlons de toi, de nous d’abord. Si nous nous sommes connues, c’est grâce à la soeur de mon chum, de mon grand amour de jeunesse. Hélène, son nom. Lui c’était André. On s’est tous perdus de vue. (Je ne me suis jamais remise des invectives antisémites de la femme d’André quand je lui ai annoncé ma conversion, il y a un bon 15 ans de cela.) Ça aussi faudrait que je te raconte un jour. Ben oui, je ne suis plus athée.
Pour lire la suite, c'est ICI.
Simone de Beauvoir, 1964, Châtelaine.
Publié dans Châtelaine d’avril 1964 (en voici quelques extraits):
Celle qui prêcha aux femmes de ne pas sacrifier leur autonomie à l’amour avoue à notre reporter Hélène Pilotte : « Elles ont raté leur libération. Le sort des femmes n’a pas changé. »
J'étais exacte au rendez-vous pour ne pas perdre une minute. Elle m'avait demandé au téléphone : « Une heure vous suffira ? » J'avais répondu oui en pensant non. Depuis, j'ai appris que ce rendez-vous constituait une faveur rarement accordée.
Notre rencontre eut lieu avant la parution du troisième tome de ses Mémoires : La force des choses. Elle achevait d'en corriger les épreuves, persuadée qu'après 1668 pages il ne persisterait pas l'ombre d'un malentendu entre elle et son public. Et pourtant, on se perd encore en hypothèse sur Simone de Beauvoir, femme écrivain.
Elle le sait : « On a forgé de moi deux images, écrit-elle. Je suis une folle, une demi-folle, une excentrique... Oui, souliers plats, chignon tiré, je suis une cheftaine, une dame patronnesse, une institutrice (au sens péjoratif que la droite donne à ce mot)... Et rien n'interdit de concilier les deux portraits. On peut être une dévergondée cérébrale, une dame patronnesse vicelarde ; l'essentiel est de me présenter comme une anormale... Le fait est que je suis un écrivain : une femme écrivain, ce n'est pas une femme d'intérieur qui écrit mais quelqu'un dont toute l'existence est commandée par l'écriture. » ...
– Madame, qu'y a-t-il de chanté depuis Le Deuxième Sexe ?
– Rien. Le sort des femmes n'a pas changé. Elles ont raté leur libération.
La phrase tombe comme un verdict. N'est pas trop sévère ? Elle a écrit que la dépendance continue de peser sur les femmes comme une malédiction: « Qu'elles en souffrent, s'en accommodent ou s'en félicitent, en fin de compte, c'est toujours une malédiction. Depuis que j'ai écrit Le Deuxième Sexe, ma conviction sur ce point n'a fait que se confirmer. »
En 1963, elle estime qu'un monde capitaliste comme celui de l'Europe et de l'Amérique ne fournira jamais de possibilité de libération à la femme.
– Consultez les statistiques. En Amérique, 26 % des femmes travaillent, c'est bien peu. On continue à ne pas leur faire confiance, à ne pas investir dans leur carrière. On leur fait une guerre économique. Les clients vont moins chez des femmes de profession, donc elles ne montent pas. Si un jeune couple est en difficulté, c'est la femme qui renonce à ses études.
Il y a un consentement universel à cet état de choses, poursuit-elle. En France, il y a bien 30 ans que les hommes ont fini de considérer la carrière d'une femme comme un obstacle à sa féminité, mais son travail demeure épuisant parce qu'il n'y a pas d'institutions suffisantes pour la seconder, pas assez de garderies, ni d'aides ménagères. Sur le plan d'homme à femme, l'homme comprend le travail féminin. Sur le plan du patron à l'employé, il le nie. Pour éviter de donner un jour un congé de grossesse, il emploie un homme. Je me suis encore disputée hier avec un ami peintre – libéral avec sa femme – qui soutient que nous avons obtenu l'égalité dans le travail. C'est faux. Tant que l'organisation du travail mettra les gens au bord du chômage, la situation restera ce qu'elle est. Si nous avions toujours le plein emploi, le travail de la femme cesserait de poser des problèmes psychologiques et professionnels parce qu'elle serait indispensable. Mais c'est une solution impossible dans un pays capitaliste.
– Voulez-vous dire qu'il y a des pays où les femmes ont réussi leur libération ?
– En U.R.S.S. C'est le seul pays au monde où la femme est un être humain à part entière. La vie des femmes est difficile parce que la vie en général est difficile, mais les satisfactions professionnelles sont plus grandes. Quatre-vingt-quinze pour cent des médecins sont des femmes. Cela bouleverse le rapport des sexes et entraîne la respectabilité de la femme...
Mais qui est-elle vraiment ?
Une femme comblée, sereine et satisfaite. Simone de Beauvoir ne cesse de le répéter : « Je voudrais que l'on sache que la femme qui a écrit Le Deuxième Sexe n'a pas fait cela à quarante ans pour se venger d'une vie qui aurait été complètement malheureuse et qui l'aurait aigrie. Si c'est ainsi qu'on interprète le livre, aussi bien dire qu'on le nie », confie-t-elle à Madeleine Chapsal dans une entrevue.
Elle revient sur ce point dans La Force de l'Âge, presque avec acharnement, tant ce livre a compté pour elle et tant il a suscité de malentendus : « Il ne m'a jamais paru que j'étais désavantagée. Je sais aujourd'hui que pour me décrire, je dois dire d'abord : « Je suis une femme », mais ma féminité n'a jamais constitué pour moi une gêne ni un alibi. »
Comment elle voit l'avenir
– Madame, votre œuvre n'est pas terminée mais elle est en grande partie accomplie. À la lumière des espoirs que vous aviez à 20 ans, comment voyez-vous l'avenir ?
– Sombre. Rien n'a changé, au contraire, les espoirs de la libération sont par terre. Le monde laïque en France est trop plat. Autrefois, quand on avait de l'idéal (je n'aime pas le mot mais...) on était socialiste ou communiste. Aujourd'hui tout est fade. Il n'y a pas de journaux, pas de cinéma qui enthousiasme les yeux. Les jeunes sont dépassés par le monde de l'organisation. Ils ne savent plus quoi faire. Ceux qui veulent agir partent en Afrique noire, en Algérie, travailler dans des postes obscurs, pour avoir l'impression de servir à quelque chose. Il n'y a personne pour encadrer les masses.
– Aucun remède ?
– Il faudrait la foi politique. Mais comment l'avoir en ce moment ? La société française est telle que les gens ne savent plus vers quoi se retourner. Il y a beaucoup de conversions parmi les intellectuels. On revient à la religion ou bien l'on se tourne vers l'occultisme ou autres fadaises... Il faudrait un bouleversement historique, un changement complet de structures politiques. Autrement, je ne vois pas.
Je n'avais droit qu'à une heure, elle est achevée : « Bon, vous en avez assez pour faire un article... »
Pour lire l'article d'Hélène Pilotte dans son intégralité, veuillez vous référez sur le site de Châtelaine, ICI.






